Le plus petit client Slack de bureau : msga en ~2–4 Mo

L'application Slack de bureau officielle représente un téléchargement de ~125 Mo sur macOS, ~167 Mo sur Windows et ~95 Mo sur Linux, et occupe davantage une fois installée. msga, un client Slack natif et open source, pèse ~2 Mo sur macOS, ~4 Mo sur Windows et ~4 Mo sur Linux. Un seul fichier autonome par plateforme, sans framework d'installation ni environnement d'exécution à mettre en place. Voici comment un client Slack léger parvient à être aussi petit, et pourquoi cette taille compte.

Quelle est la taille de l'application Slack de bureau ?

Le client de bureau officiel de Slack est construit sur Electron : chaque copie embarque donc son propre moteur de navigateur Chromium et son propre runtime Node.js. Son téléchargement pèse ~125 Mo sur macOS (~220 Mo pour la version Universal), ~167 Mo sur Windows et ~95 Mo sur Linux, et il prend encore plus de place une fois installé : rien que le .deb Linux se décompresse en ~148 Mo. Et cela avant même d'avoir récupéré le moindre message.

msga est un client Slack de bureau natif, et il joue dans une tout autre catégorie de taille :

PlateformeTéléchargement msgaCe que vous obtenezSlack officiel
macOS (Apple Silicon, 14+)~2 MoUne seule application dans un DMG~125 Mo (Universal : ~220 Mo)
Windows~4 MoUn seul .exe~167 Mo
Linux (x86_64, toute distribution)~4 MoUn binaire entièrement statique, Wayland ou X11~95 Mo (.deb)
Installé sur le disqueLe même fichier uniqueRien à décompresser ni à extraire~148 Mo décompressé (.deb Linux)

Les tailles de Slack officiel correspondent aux téléchargements de Slack 4.52.171 sur slack.com, et celles de slk, plus bas, à sa version v0.23.0 publiée sur GitHub, toutes relevées en octobre 2026.

Chaque téléchargement de msga, c'est l'application entière. Pas besoin de framework d'installation, de runtime séparé ni d'un paquet de bibliothèques partagées à côté. Sur Linux, vous rendez le fichier exécutable et vous le lancez. Sur Windows, vous lancez le .exe. Sur macOS, vous faites glisser l'application hors du DMG.

Pourquoi les applications Electron sont si lourdes

Une application Electron, c'est un site web empaqueté avec sa propre copie d'un navigateur. Le code applicatif ne fait peut-être que quelques mégaoctets de JavaScript, mais il ne peut pas tourner sans tout le reste : le moteur de mise en page de Chromium, son moteur JavaScript, son compositeur GPU, sa pile multimédia, sa pile réseau, sa gestion des polices, et Node.js par-dessus. Tout cela doit figurer dans le téléchargement, car l'application ne peut compter sur la présence d'aucun de ces éléments sur votre machine.

Chaque application Electron que vous installez apporte donc sa propre copie d'un navigateur, et vous vous retrouvez avec autant de navigateurs sur le disque que d'applications Electron. C'est la même architecture qui explique pourquoi Slack utilise autant de RAM : un moteur de navigateur est lourd à télécharger, et tout aussi lourd à faire tourner.

Ce que msga fait à la place

msga est écrit en C++ et appelle directement le système d'exploitation au travers de sa propre fine couche multiplateforme. Pas de toolkit graphique, pas d'Electron, pas de vue web, ni Chromium ni Node.js embarqués. Le système d'exploitation fournit déjà l'essentiel de ce dont une application de bureau a besoin, alors msga s'en sert :

  • Les fenêtres, la saisie et les services du bureau sont natifs sur chaque plateforme : Wayland ou X11 sur Linux, AppKit sur macOS, Win32 sur Windows.
  • Le réseau s'appuie sur ce que fournit la plateforme : WinHTTP sur Windows, NSURLSession sur macOS, et le propre client HTTP de msga au-dessus de Mbed TLS sur Linux.
  • Le texte est dessiné par le moteur de rendu CPU de msga, avec FreeType et HarfBuzz pour les polices et la mise en forme.

Il n'y a pas de moteur de mise en page HTML ou CSS, puisqu'il n'y a ni HTML ni CSS. L'interface est dessinée directement : le binaire ne contient que le code qui affiche une fenêtre Slack, plus celui qui dialogue avec les API de Slack.

Pourquoi macOS est plus petit que Windows et Linux

L'ordre des trois tailles découle de ce que chaque système d'exploitation a déjà installé.

Sur macOS, msga n'est lié qu'aux frameworks du système. AppKit, le réseau et TLS font tous partie de l'OS : le bundle de l'application ne contient donc guère plus que le code de msga lui-même. D'où une version de ~2 Mo.

Sur Windows, Win32 et WinHTTP sont livrés avec le système, et le .exe n'importe que les DLL de Windows elles-mêmes. Mais pour rester un fichier unique, sans rien à installer, il embarque FreeType, HarfBuzz et le runtime C++, ce qui le place à ~4 Mo.

Sur Linux, msga est distribué sous la forme d'un binaire unique entièrement statique, pour pouvoir tourner sur n'importe quelle distribution x86_64, ancienne ou récente, sous Wayland comme sous X11, sans dépendre des versions de bibliothèques que votre distribution se trouve avoir. La contrepartie, c'est que le binaire doit embarquer son propre TLS (Mbed TLS), FreeType et HarfBuzz. Ces bibliothèques expliquent l'essentiel des deux mégaoctets supplémentaires par rapport à macOS, et le résultat reste de ~4 Mo. (Pour le côté Linux plus en détail, voir le client Slack le plus léger pour Linux.)

Comment msga se compare-t-il à slk ?

slk est un client Slack tiers écrit en Go et publié sous licence MIT, et il est petit, lui aussi. C'est une application de terminal (TUI) : vous la lancez dans un émulateur de terminal et vous la pilotez au clavier, avec des raccourcis à la vim, au lieu d'avoir sa propre fenêtre sur le bureau. Les images en ligne ne s'affichent que dans les terminaux qui prennent en charge le protocole graphique de kitty ou sixel. Son README le présente comme « under 20MB », et c'est vrai : slk ne pèse qu'une fraction de l'application officielle, et c'est un projet vraiment réussi pour qui aime vivre dans le terminal.

Plateformemsga (téléchargement = taille sur disque)Téléchargement slk (archive)slk décompressé
macOS (Apple Silicon)~2 Mo~7,4 Mo (.tar.gz)~18,7 Mo
Windows (x64)~4 Mo~9,2 Mo (.zip)~24,2 Mo
Linux (x86_64)~4 Mo~7,9 Mo (.tar.gz ou .deb)~20,0 Mo, lié statiquement

Un point compte pour lire ces chiffres : les téléchargements de slk sont des archives compressées de ~7–9 Mo qui se décompressent en un programme de ~19–24 Mo, alors que le téléchargement de msga (~2–4 Mo) est le programme lui-même, non compressé, et occupe donc la même place sur le disque.

Sur Linux, les deux sont construits de la même façon : ce sont des binaires entièrement statiques, en un seul fichier. Celui de msga pèse ~4 Mo, avec son propre TLS, son rendu des polices et sa mise en forme du texte, pour une interface graphique complète. Celui de slk pèse ~20 Mo, pour une interface en terminal. msga est donc ~5 fois plus petit, et ce n'est pas l'édition de liens statique qui les distingue. La différence tient à ce qu'il y a dedans. Un programme Go embarque le runtime Go et son ramasse-miettes, le code réseau, TLS et cryptographique de la bibliothèque standard de Go et, dans le cas de slk, ses dépendances TUI et SQLite. msga, lui, est écrit à la main en C++ et ne contient que les morceaux dont il a besoin.

Sur le disque, msga est environ 5 à 9 fois plus petit que slk, tout en étant un client de bureau graphique complet qui dessine lui-même sa fenêtre, ses images et ses emoji. Il s'agit donc d'une comparaison de taille, pas d'interfaces équivalentes. Si vous préférez un client piloté au clavier dans votre terminal, slk est un bon choix, et reste bien plus léger que l'application officielle. Si vous voulez une fenêtre sur le bureau, msga vous en donne une en prenant moins de place qu'un client de terminal.

Pourquoi la taille d'une application compte encore

Les disques sont grands et les connexions rapides : une application de ~100–200 Mo peut sembler anodine. Pourtant, la taille compte encore à plusieurs endroits :

  • Connexions lentes ou limitées. Sur le Wi-Fi d'un hôtel, en partage de connexion depuis un téléphone ou avec un forfait plafonné, ~4 Mo arrivent en quelques secondes, alors que ~95–220 Mo risquent de ne jamais arriver.
  • Mises à jour. msga se met à jour tout seul. Sur Linux et Windows, il installe la nouvelle version pour le prochain démarrage, et sur macOS il télécharge le nouveau DMG. Quand l'application entière ne fait que quelques mégaoctets, chaque mise à jour est quasi instantanée, et on ne vous demande jamais de retélécharger un navigateur pour obtenir une correction de bug.
  • Espace disque. Sur un portable doté d'un petit SSD, ou sur une machine remplie de VM et de conteneurs, plus d'une centaine de mégaoctets par application de messagerie finit par peser.
  • Démarrage à froid. Moins de code à charger depuis le disque, c'est moins d'attente. msga démarre en moins d'une seconde et utilise ~40 Mo de mémoire au démarrage et ~60 Mo au bout d'une heure, avec un CPU proche de 0 % au repos.
  • Cache de pages. Un petit binaire reste à peu de frais dans le cache de fichiers du système, si bien que rouvrir l'application après l'avoir fermée ne coûte pratiquement rien.
  • Machines de CI, VM et bureaux à distance. Un fichier statique unique se copie facilement sur une machine de test, un client léger ou une VM jetable, sans rien à installer et sans rien laisser derrière lui.
  • Auditabilité. Un petit binaire vient d'une petite base de code. msga est sous licence GPL-3.0 et sur GitHub, écrit en C++ simple sans framework en dessous : vous pouvez lire en un après-midi le code qui gère votre session Slack. Personne ne lit Chromium en un après-midi.

Limitations honnêtes

La petite taille de msga tient en partie au fait qu'il n'embarque pas de navigateur, et en partie au fait qu'il ne cherche pas à reproduire chaque recoin de Slack. Il couvre l'essentiel de l'usage quotidien : canaux, messages directs, fils de discussion, recherche, partage de fichiers, réactions, canvas, notifications et espaces de travail multiples. En prime, il peut afficher vos sessions Claude Code sous forme de messages directs. Certaines choses ne sont prises en charge qu'en partie. Les Huddles sont détectés et affichés, mais vous les rejoignez dans le navigateur. Les boutons interactifs des applications sont limités, car Slack ne transmet ces callbacks qu'à ses propres clients.

Si votre journée dépend des Huddles ou d'intégrations très interactives, gardez l'application officielle pour ces moments-là. Si Slack, pour vous, consiste surtout à lire et à écrire, un client natif de ~2–4 Mo fait parfaitement l'affaire. La présentation de msga sur macOS, Windows et Linux détaille ce qu'il fait sur chaque bureau.

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~2 Mo sur macOS. ~4 Mo sur Windows. ~4 Mo sur Linux. Téléchargez msga et ayez un client Slack natif qui tourne avant même que l'installateur officiel n'ait fini de se télécharger.

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